Motricité libre

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez pu constater, depuis quelques temps, que je parle pas mal de motricité libre. Je poste des photos de bébéchouquette, perdue dans l’immensité du carrelage du salon avec des jouets posés tout loin d’elle, et vous vous dites peut-être : « mais qu’est-ce que c’est encore que ce truc de bobo et de pseudopsychoéducativoblabla à la noix de coco ? » Et vous avez raison de vous questionner ! C’est pourquoi aujourd’hui, je vous explique enfin de quoi il s’agit, pour ceux qui ne connaissent pas déjà évidemment !

La motricité libre, définition et principe :

Le nom étant assez explicite, la définition est assez brève : il s’agit de laisser toute liberté de mouvement à son enfant. C’est à dire, lui laisser de l’espace pour gigoter tranquillement, sans entrave. C’est une théorie d’Emmi Pikler, pédiatre, qui a fait sa thèse sur le développement moteur de l’enfant. Selon elle, « l’enfant participe activement à son développement moteur si son environnement et l’accompagnement des adultes lui permettent de faire ses propres expériences corporelles. » (source : >ici< ). Cela signifie donc qu’il faut laisser les enfants aller à leur rythme, faire leur découverte par eux-même, sans vouloir les aider, les forcer, sans proposer des choses qui ne sont pas encore adaptées à leur âge… Ceci exclut donc le matériel de puériculture tel que transat, parc, siège, pouf ou autre, où bébé est attaché dans une position dont il ne peut se défaire seul.

Mon expérience de motricité libre :

Quand j’ai eu mon premier bébé, je ne connaissais rien concernant le développement de l’enfant. Mon grand a donc passé ses premiers mois dans un gros pouf pour bébé, bien douillet, confortable soit, mais où il était plutôt passif. Il prenait les jouets que je lui donnais, il était bien éveillé et curieux de tout mais coincé dans son pouf ! Il a aussi passé beaucoup de temps dans un parc, rempli de jouets à portée de sa main et dans un siège gonflable pour le maintenir assis, avant que ce soit de son âge… Visiblement ça ne l’embêtait pas plus que ça, il ne s’en plaignait pas ! C’est seulement vers ses 7 mois que je l’ai posé sur un tapis d’éveil au sol et qu’il a découvert les roulés-boulés. C’était son moyen de déplacement préféré. A 8 mois il s’est redressé sur ses 4 pattes et se déplaçait à reculons et enfin, à 9 mois, il a passé la première et est parti en marche avant !

Quand mon second est né, le grand a demandé de l’attention, beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP d’attention ! Alors le petit bébé était près de nous, sur son tapis d’éveil, il regardait, écoutait, observait… Les roulés-boulés ont été expérimentés très tôt. « Ah tu pratiques la motricité libre ? » m’a-t-on dit. Ah bon ? Ah ben oui ! Il a fait ses expériences librement ! Il a évolué à son rythme, testé, essayé et découvert ses limites mais surtout ses capacités, sans qu’on intervienne. C’est donc à 7 mois qu’il est parti à 4 pattes, on a halluciné !!! Monter les escaliers, les descendre, monter sur une chaise, sur un tabouret pour se laver les dents, trouver une boîte quelconque pour atteindre un livre dans sa bibliothèque à un étage qu’il n’atteint pas encore… il m’a surpris de mille façons par son ingéniosité et sa débrouillardise.

Pour Bébéchouquette, évidemment, on lui offre les même possibilités. Et c’est aussi à 7 mois qu’elle a trouvé la marche avant à 4 pattes, ça y est, la voilà qui furète partout à la recherche d’un truc intéressant à attraper, sous notre vigilance, bien sûr, mais aussi sous la bienveillance de ses frères ! Et je peux vous dire qu’elle s’éclate ! Elle est heureuse d’aller où bon lui semble. Elle expérimente aussi des positions inédites, on dirait qu’elle voudrait déjà se mettre debout !

Motricité libre

Remarques à propos de ma pratique de la motricité libre :

Pour moi , c’est tellement logique de laisser mes enfants faire leurs découvertes seuls, je me demande comment je n’y ai pas pensé avant ! Mais bon on apprend tous les jours, c’est ça qui est magnifique dans la vie ! Cette méthode est tout à fait en adéquation avec la DME qui m’est chère (un petit rappel >ici< pour ceux du fond !).

Je tiens cependant à ajouter quelques remarques :

  • j’ai tout de même gardé le parc pour les moments où je ne peux par surveiller attentivement, quand je cuisine ou quand je vais vider ma petite vessie de souris ! Il n’est pas rempli de jouets, pour lui laisser la motivation de se déplacer pour aller les chercher dans les coins du parc !
  • Je ne tiens pas à faire culpabiliser les parents qui utilisent des transats, parc etc… je l’ai fait et mon grand est tout a fait bien développé hein ! Il n’a pas de tare. Je pense pourtant, avec le recul que je l’ai trop couvé et je constate des différences avec son frère. Bon ce ne sont pas les mêmes enfants, bien sûr, mais je pense que ça a joué tout de même. Bref, le matériel de puériculture n’est pas à bannir de la maison (sauf un : le youpala, une vraie aberration ce truc, il est interdit dans plusieurs pays et je ne comprend pas que cela puisse être commercialisé. Je vous en reparlerai bientôt d’ailleurs.)

Mon conseil donc pour finir, lâchez du leste, essayez, libreeeeeeeeeeeeeeeeeez, délivreeeeeeeeeeeeeeez (pardon) vos bambins, ils ne demandent que ça et puis si cela peut achever de vous convaincre, je termine par une des observations qu’Emmi Pikler a pu constater au cours de sa carrière: « les enfants venant aux urgences à la suite d’une fracture viennent beaucoup plus fréquemment de familles aisées, très protégés et limités dans leurs mouvements, que de familles du quartier ouvrier, libres de jouer dans la rue, et d’expérimenter leurs propres capacités et leurs limites. » (même source que tout à l’heure d’ailleurs vous l’avez peut-être déjà lu du coup !)