De la détresse d’une maman fatiguée

Je suis fatiguée… Fatiguée fatiguée fatiguée. Flagada, ramollo, raplapla, flapie, crevée, claquée, lasse, vaseuse, exténuée, vannée, assommée, vidée, harassée, épuisée, rétamée. Fatigue physique, fatigue morale. Et toute cette fatigue me pèse, me pèse, me pèse…

Maman fatiguée
« Aaaaaargh »

Une maman fatiguée, c’est pas une nouveauté

Oui, quand on est maman, on découvre parfois pour la première fois ce qu’est la fatigue. Pour de vrai j’veux dire, parce que tout le monde est un jour ou l’autre fatigué. Mais la vraie fatigue de la vie de jeune maman qui se lève plusieurs fois par nuit, qui doit gérer la journée, qui doit travailler, ben ça fout une bonne claque quand même.

Alors voilà, moi, comme vous le savez, je suis maman de trois marmots. Donc les nuits difficiles des nourrissons, j’y suis passée deux fois pour mes p’tits gars, ça n’a pas été simple puisque mon Grand n’a pas fait ses nuits avant 6 mois et Petit Coco vers 4 mois (y a du mieux me direz-vous) mais quand on croit que c’est fini, y a la gastro-rhino-laryngo-angino-microbo-touto-pourrito qui s’en mêle, puis les sans culottes qui ont envie de faire pipi à des heures saugrenues de la nuit, les vilains monstres qui se cachent sous le lit et tutti quanti… J’ai d’ailleurs déjà écrit un article sur la fatigue en 2014, une compilation des drôleries qui me sont arrivées en bonne maman fatiguée (pour le relire c’est >ici<)

Et puis voilà que Bébéchouquette pointe son petit museau de minette, avec son lot de surprises : incroyablement fusionnelle avec moi, impossible à poser de jour comme de nuit quand elle était bébé et c’est donc depuis sa naissance que je cherche des solutions pour que son sommeil soit paisible sans pour autant être au sein non-stop, afin que moi aussi je puisse dormir.

Voilà presque 2 ans que ça dure et pour l’heure, je n’ai toujours pas trouvé de solution durable…

Une maman fatiguée, trop documentée

Je me suis plongée dans la lecture d’un ouvrage sur le sommeil des enfants pour tenter de trouver des solutions. Un sommeil paisible et sans pleurs d’Elisabeth Pantley a éclairé ma lanterne sur de nombreux points. Un bébé ça se réveille, c’est comme ça ! Oui bon je le savais hein, mais le livre donne toutes les données scientifiques sur le sujet.

un livre pour maman fatiguée
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Je n’ai pas testé la méthode qu’elle propose sur le moment, Bébéchouquette était encore petite à ce moment-là, je me suis dis, toute pleine de culpabilité, que c’était moi qui avait besoin de dormir mais qu’elle, elle avait besoin de moi. Et j’avais la flemme, tellement la flemme de faire les fiches pour suivre cette méthode que je l’ai mise de côté. J’avoue que pour les garçons, je les ai un peu « forcé » à faire leurs nuits en les laissant pleurer… C’était dur mais tellement de monde me disait ça « laisse-les pleurer, sinon ils vont te bouffer… c’est la seule solution » que c’est ce que j’ai fait non sans mal… Une torture de les entendre mais dans les deux cas, ça n’a duré que quelques nuits et c’était fini. Seulement depuis, j’ai lu des tas de choses sur l’éducation bienveillante, je me suis documentée sur la construction du cerveau de l’enfant, sur ses besoins… Et j’ai découvert qu’il n’y avait rien de pire que de laisser pleurer son bébé. Le laisser se rendormir seul, sans venir le rassurer, c’est terrible pour un enfant… Ce qu’il apprend, ce n’est pas à s’endormir seul, c’est que quand il appelle, ses parents ne viennent pas. Et c’est tellement évident que je m’en suis voulu d’avoir imposé ça à mes garçons. Depuis, il m’est impossible de laisser pleurer bébéchouquette, je suis un zombi mais je me lève toutes les nuits pour lui montrer que je suis auprès d’elle, pour qu’elle ait de bonnes bases et de la confiance, pour qu’elle puisse ensuite parfaitement se détacher et se construire seule.

Une maman fatiguée, complétement déprimée

Mais comme je vous l’ai dit, cela fait bientôt deux ans que cela dure, presque deux ans de nuits entrecoupées. Ma belle maman -pédiatre et consultante en lactation, pour rappel- me dit souvent que les mères allaitantes ont un sommeil bien plus réparateur, pour parer à ces réveils nocturnes… Je veux bien le croire sinon comment aurais-je tenu jusque là. J’ai eu quelques moments de répit, quelques nuits consécutives de sommeil sans interruption. Des solutions miracles qui m’ont permis de recharger un peu les batteries, mais qui au final n’ont fonctionné que peu de temps et la rechute n’en est que plus dure. j’en suis à ma 4ème fausse joie, 4ème fois que je crois en avoir enfin terminé avec ses réveils incessants… Mais non… Alors j’vous raconte pas le moral ! Et quand, morte de fatigue, je ne parviens pas à surmonter mon épuisement et mon chagrin et que je ne me lève pas, je culpabilise tant, que je me retrouve dans des conversations houleuses avec moi-même, je m’auto-engueule, je pleure, je stresse. Mon Moi maman poule me dit : « mais vas-y bon sang, elle a besoin de toi, tu te rends compte ??? Mets-toi à sa place, tu appelles à l’aide, et personne ne vient… » et mon Moi éreintée me répond : « Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis j’suis fatiguééééééééééééééééééééééééééééééééé, j’en peux pluuuuuuuuuuuuuuuuus… » Une vraie bataille dans ma tête.

Le dernier épisode c’est qu’on a découvert que quand Papou la couchait, sans que je l’allaite dans sa chambre, elle dormait toute la nuit. La magie a duré 3 semaines, incroyable, c’est le record ! Attention, ça ne veut pas dire que j’ai eu 3 semaines de nuits complètes, c’est à croire que je suis maudite : soit c’est Petit Coco qui se réveille pour une raison quelconque, soit c’est mon Grand qui descend, tel un troupeau d’éléphant, pour boire un coup, soit c’est le chat qui gratte à la porte, soit j’ai juste envie de pisser -maudite vessie de colibri (d’ailleurs je ne bois quasiment plus le soir pour éviter d’avoir envie de pipi la nuit…) Y a toujours un truc ! Mais bon j’étais confiante, soulagée et un peu reposée quand même, mais non… pile pour la reprise du taf, voilà que ça recommence de plus belle… Dur, très dur…

Une maman fatiguée, bienveillance avortée

J’adhère totalement aux principes de l’éducation bienveillante mais P***** c’est impossible, insurmontable, ingérable. Dans cet état de fatigue comment voulez-vous que je garde mon calme : j’ai l’œil qui tremble, le sang qui bout, le cerveau qui fait des looping quand ils ne m’écoutent pas. Difficile dans ces conditions de me poser auprès d’eux (survoltés, rire hystériques, sautillants…) et d’appliquer tout ce que j’ai appris dans les livres et sur Internet ! Alors je crie, je claque les portes… puis je pleure et je m’excuse en leur disant que je viens de faire tout l’inverse de ce que je voulais et de ce que j’attends d’eux… et à la crise suivante, ça recommence ! Chaque jour je me répète : « Allez, aujourd’hui, c’est la bonne, tu vas contrôler tes émotions ma vieille ! » sans succès… Sans sommeil vraiment réparateur, comment y parvenir ??? Ma patience et ma tolérance au bruit est à son niveau le plus bas.

Alors me voilà, toute dépitée, désemparée, à la recherche de LA solution, qui va enfin permettre à cette petite mistinguette de dormir paisiblement, toute la nuit et ainsi de gagner en sérénité pour toute la famille. Le temps est sans doute ce qui fonctionnera le mieux, il parait qu’à partir de 3 ans, les enfants dorment enfin -putain, pas encore un an, pitiééééé-. J’ai acheté une nouvelle tétine (c’est une des solutions qui avait fonctionné au début), je vais relire le livre, en acheter un autre dont on m’a parlé : le sommeil, le rêve et l’enfant. Alors évidemment, si vous avez des idées je suis preneuse.