Quand l’allaitement ne tient qu’à un fil

J’allais commencer à rédiger mon article sur l’allaitement de longue durée quand j’ai vu un court reportage sur le frein de langue dans l’émission « les maternelles » sur France 5. C’était dans l’épisode de « 9 mois à la maternité » où une de leurs chroniqueuses -Carole Tolila- va à la rencontre des futurs et jeunes parents d’une maternité de la région parisienne. J’ai été un peu choquée par ce que j’ai vu, c’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cet article en priorité ! Je vous explique :

Qu’est-ce que le frein de langue ?

Ce jour là (12/01/2016) elle était avec une maman qui venait d’avoir son premier enfant qu’elle souhaitait allaiter. Problème, le bébé avait un frein de langue. Mais qu’est-ce que c’est donc que cette chose au nom si étrange ???

On l’appelle aussi le frein lingual, il s’agit d’un tissu fibreux, comme un fil situé sous la langue. S’il est trop court ou pas assez élastique, il peut empêcher le bébé de sortir sa langue, de bien la positionner pour téter et ainsi provoquer des douleurs aux mamelons de la maman. Bien souvent cela met en péril l’allaitement car il n’est pas diagnostiqué assez rapidement. Pourquoi ? Parce que les douleurs peuvent être atroces et pire encore s’il y a des crevasses -rien que ce mot fait mal- alors on abandonne vite fait pour mettre fin aux souffrances.

Dans le reportage, la maman a vu une auxiliaire de puériculture qui a essayé de lui montrer d’autres positions pour allaiter bébé mais rien n’y faisait, alors elle a proposé des bouts de seins en silicone pour tenter de soulager la maman mais ce n’est pas facile à faire accepter au bébé ! Pour finir elle lui a donné un tire-lait ! La maman était déçue et inquiète de ne plus pouvoir donner le sein… L’épisode se termine ainsi, sur l’annonce qu’elle doit attendre le passage du pédiatre qui je cite : « se prononcera sur le frein de langue et sur la poursuite de l’allaitement ». Aaaaaaaaah ça m’a fait mal au cœur ! Moi dans ma tête ça criait « mais enfin ne la laissez pas comme ça, faites venir le pédiatre tout de suite bon sang de bonsoir ! » toute angoissée pour cette jeune femme, qu’elle se retrouve obligée de renoncer à sa volonté d’allaiter ou de s’enfermer dans un « tire-allaitement » qui est tout de même bien contraignant (je connais 2 mamans-courage qui l’ont fait et je suis admirative car le tire-lait c’est quand même moins sympa que d’avoir bébé au sein ! Je ne sais pas si j’aurais été capable de poursuivre mes allaitements de cette façon aussi longtemps qu’elles, si elles me lisent et qu’elles se reconnaissent je les bizouille !).

Mon expérience du frein de langue :

Ni une ni deux, je me suis donc lancée dans la rédaction de cet article car depuis l’arrivée de bébéchouquette, je peux vous parler d’expérience, en effet, la puce avait un frein de langue. La tétée de bienvenue a été un peu compliquée, elle n’ouvrait pas assez la bouche, ne sortait pas sa langue et du coup j’ai eu maaaaaaaaaaaal ! Mais ouf, pas de crevasse. Elle est née dans la nuit et dès le matin la pédiatre a constaté et lui a coupé son frein. Elle m’a conseillé de ne pas regarder, j’en ai profité pour aller aux toilettes, l’oreille tendue pour essayer d’entendre tout ce qu’il se passait… en vain ! Je suis ressortie me disant que ce n’était pas encore fait pourtant si !!! Elle n’a même pas pleuré. J’étais rassurée et j’ai vu un changement dès la tétée suivante ! Cependant, la douleur a perduré… ouille ouille ouille, elle n’ouvrait toujours pas assez la bouche et elle me pinçait ! Pas vraiment le pied quoi ! Mais je n’ai pas baissé les bras, j’ai essayé différentes positions, j’ai veillé à ce qu’elle ait bien les lèvres « ourlées » mais au bout de deux semaines c’était toujours avec une pointe d’appréhension que je la mettais au sein. J’étais frustrée et inquiète que ça dure comme ça ! Et une nuit, j’ai eu très chaud, et très froid, et très chaud, et très froid, et très chaud, et très froid,… bref une nuit blanche atroce où je ne comprenais pas ce qui m’arrivais, j’étais assommée, mal au crâne, mal aux seins… En fin de journée j’ai revu la pédiatre, qui est aussi consultante en lactation, qui est aussi ma belle-mère (!). Elle est passée à la maison pour me sauver !!! Déjà, elle m’a appris que je pouvais prendre de l’ibuprofène (je croyais que  c’était interdit comme pendant la grossesse) grâce à ça j’ai été soulagée assez rapidement. Puis elle a diagnostiqué une petite mastite, aïe. Du coup elle a de nouveau regardé le frein de langue et il s’avère qu’il restait un peu de fibres qu’elle a recoupé et là instantanément, je n’ai plus rien senti lors de la mise au sein ou des tétées. Cette fois, Bébéchouquette a pleuré, je l’ai aussitôt mise au sein pour 2 raisons : la calmer/rassurer et surtout pour les bienfaits cicatrisants du lait maternel. Alléluia, terminée la galère ! Il ma suffi de positionner bébé avec le nez bien fourré aux endroits où j’avais des rougeurs sur les seins (là où les canaux étaient probablement un peu bouchés) et le lendemain tout cela était derrière nous. Youpie !

C’est en repensant à cela que je me suis emportée devant ma télévision. Heureusement, le lendemain ils ont diffusé la suite de l’épisode. On y voit donc la pédiatre qui constate qu’il y a bien un frein de langue qu’elle coupe en un tour de main. On voit tout de suite le petit bout qui sort sa langue, c’est tout mignon !!! Et c’est reparti pour un allaitement plus serein ! (apparemment par la suite elle a opté pour un allaitement mixte mais ça c’est  un autre débat !)

Pour finir, le message que je veux passer avec cet article c’est que si vous tenez vraiment à allaiter, et que vous avez des douleurs, demandez à ce qu’on vérifie son frein de langue et tentez de voir un pédiatre au plus vite ! Le couper règle immédiatement le problème (bon pour moi ça a duré un peu plus mais en général ce n’est pas le cas.)

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Source image : https://www.flickr.com

Vous pouvez lire également >cet article de La Leche League< sur le sujet.

Enfin, si vous souhaitez voir les 2 épisodes de 9 mois à la maternité dont je parle, vous pouvez les trouver sur >ma chaîne YouTube<, j’ai crée une « playlist » les maternelles qui regroupe les vidéos que j’évoque (ou que je vais évoquer) dans mes articles…

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